L'impôt tue le travail

La Belgique présente la pression fiscale la plus élevée sur les salaires (56 %), selon l'OCDE. En plus d'être élevée, la fiscalité frappe les plus fragiles. Inquiétant…

L'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a recensé les impôts et charges sociales diverses pesant sur les salaires dans les trente pays qui en sont membres. Le rapport est accablant pour la Belgique. Le "coin fiscal", soit la différence entre les coûts de main-d'œuvre pour l'employeur et la rémunération nette après impôt du salarié, culmine à 56 %. Concrètement, quand l'employeur sort 100 €, le salarié en perçoit 44. C'est treize points de plus que la moyenne de l'Europe des 15 (42 %). P

ire encore, la fiscalité belge frappe fort sur les plus fragiles. La taxation sur les bas revenus est 145 % plus élevée que la moyenne des pays de l'OCDE !Le travail est insuffisamment valorisé. Et il serait suicidaire pour l'emploi d'envisager une hausse des salaires pour y remédier. En effet, la Belgique, après la Norvège, accusait fin 2007 les coûts salariés horaires moyens les plus élevés par travailleur (34,19 €) contre 31,54 € pour les concurrents voisins directs (France, Allemagne, Pays-Bas). Qui plus est, par le jeu de la triple indexation de 2008, le handicap salarial est passé de 8,39 % à 12 % fin 2008. La compétitivité est ainsi plombée par 14,4 milliards d'euros de charges annuelles supplémentaires.

Réhabiliter le travail nécessite une fiscalité qui valorise l'effort, le mérite et le goût du risque. Réhabiliter le travail nécessite une fiscalité qui fasse qu'une heure de travail en Belgique ne coûte pas plus cher que chez nos concurrents directs, à savoir la France, l'Allemagne et les Pays-Bas.L'OCDE partage ce constat lorsqu'elle écrit que la taxation toujours trop élevée du travail est un frein à l'emploi et à la croissance en Belgique. Elle suggère une révision fondamentale de la fiscalité belge qui, selon elle, favorise trop certains types d'épargne (la maison familiale, les deuxième et troisième piliers de pension, les comptes d'épargne classiques, les revenus mobiliers et immobiliers).
Jean-François Krenc
Article publié dans Union&Actions (UCM), le 24/7/2009